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 Winemina Lullaby O'Peters - Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.

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● Messages : 192
● Avatar : Mary-Kate Olsen
● Humeur : Je me trouve dans une de mes passes ou j'ai une humeur plutôt... SADIQUE !
● Age du perso : En apparence, j'ai une vingtaine d'années, pas encore la trentaine, mais derrière cette jeunesse apparente, j'existe depuis tout de même 684 ans.
● Ce que que tu es : Je suis une vampire.
● Citation : I was five and he was six, We rode on horses made of sticks, He wore black and I wore white, He would always win the fight, Bang bang, he shot me down, Bang bang, I hit the ground, Bang bang, that awful sound, Bang bang, my baby shot me down.

Les Vampires ne peuvent procréer, ça ne nous empêche pas d'essayer.

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.
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MessageSujet: Winemina Lullaby O'Peters - Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.   Mer 3 Juil - 17:53





Winemina Lullaby O'Peters




« Passeport »



NOMS :
Vodyakov O'Peters
PRENOMS :
Winemina Lullaby Esfir Rowen
AGE :
En apparence, j'ai une vingtaine d'années, pas encore la trentaine, mais derrière cette jeunesse apparente, j'existe depuis tout de même 685 ans. Je suis morte à 22 ans.
DATE ET LIEU DE NAISSANCE :
10 décembre 1328 à Vladivostok.
NATIONALITE & ORIGINES :
Nationalités Russe et Irlandaise.
ESPECE :
Vampyre
AFFECTATION :
Professeur
ANNEE D'ETUDES/METIER :
Professeur à Blackmoon
STATUT SOCIAL :
Célibataire
AVATAR :
Mary-Kate Olsen




« Interview »



QUESTION N°1 - Quels sont tes points forts ? {Un point particulier qui vous rend plus fort}
Je suis une vampire. Ca devrait suffire, non? Ca me rend plus forte, plus rapide, plus douée, plus adroite, plus féline que n'importe quel être humain sur cette terre. De pas mon âge, j'ai acquis une grande puissance. Mon réel point fort, c'est mon grand contrôle de moi. N'ayant pas réclamé à devenir ce que je suis, je sais me contrôler en toutes circonstances ou presque. Pas contre, lorsque je décide que c'est l'heure de l'hécatombe, attention les yeux. Je sais lâcher tout le fureur qui est en moi.

QUESTION N°2 - Quels sont tes points faibles ? {Votre grande faiblesse, ce peut être une personne, une attirance, ...}
Aucun, je dirais... Mais ce serait sans compter, l'argent, l'aïl, l'eau bénite et toute autre relique, ainsi que les lieux sacrés. De plus, mais je pense que ça ne tient qu'à moi, entendre Son Nom, me fait frissonner. Mais je n'ai jamais été trés croyante, et même plutôt contre l'Eglise et toutes leurs manigances.

QUESTION N°3 - Quelles est ta plus grande peur ? {Ce que vous craignez le plus, une chose qui vous angoisse ...}
Ce que je crains le plus au monde, c'est de perdre ma soeur. Il a fallu quatre ans de supplications pour que j'accepte de la transformer, et depuis, je ne peux pas penser à sa mort. Perdre mon frère a déjà été trés dur, je n'arrive même pas à songer à... La mort de ma jumelle...

QUESTION N°4 - Qu'est-ce que tu aimes faire dans la vie ? {Loisirs ; Activités ; Passions ; ...}
J'ai une passion pour l'enseignement. J'aime essayer de transmettre ma passion aux élèves, essayer de les intéresser à quelque chose, quand ils n'ont qu'une envie, s'enfuir. J'aime leur donner le goût d'apprendre pour les rendre curieux et ouverts à tout.
Lorsque je ne suis pas à l'école, je passe beaucoup de temps dans les boîtes de nuit, pour refaire le plein de sang frai. Je vais avouer que le sang de synthèse qu'on nous propose à l'école, est plutôt... infecte. Alors je fais des réserves, mais aucune victime.

QUESTION N°5 - Qu'est-ce qui te plait chez les gens ? {Ce qui fait que tu vas plus ou moins facilement leur parler ; Ce qui fait que tu ne peux pas te les saquer ; ...}
J'aime les gens honnêtes, gentils et ouverts au monde. Avec des gens comme ça, je pourrais passer des heures à discuter de tout et de rien, par contre, les gens faux-culs, qui passent leur temps à râler, et qui ne sont jamais positifs, eux, je les égorge. Non, c'était une plaisanterie. Je les envoie seulement balader.

QUESTION N°6 - Comment envisages-tu ton avenir ? {Plans de carrière ; Relations amoureuses - amicales ; Des enfants? ; ...}
A Blackmoon, tout simplement. Pour l'instant, je me plait à enseigner à tous ces élèves des choses qu'ils ont besoin de savoir. Plus tard, on verra... Je suis éternelle, donc peu m'importe réellement le futur. Mais une chose est sûre, ma soeur et ma fille adoptive seront là.

QUESTION N°7 - Qu'est-ce que tu n'arrives pas encore à maîtriser ? {Parmi les dons de ton espèces, qu'est-ce qui te pose problème?}
La seule chose que je ne maîtrise pas, c'est ma fureur et donc ma soif de sang lorsque je subis un gros coup dur. Vous verrez ça par la suite lorsque je vous raconterai mon histoire, vous comprendrez. Une vraie boucherie.








« Derrière l'écran »


#1 - Prénom/Pseudo : Jacks
#2 - Age : 21 ans
#3 - Passions : Ecriture, musique et art.
#4 - Comment avez-vous connu le forum? Je suis l'administratrice.
#5 - Qu'en pensez-vous ? i'm in love !
#6 - Code du règlement ? Okay' par Winnie



©C.Jacks'Lamiche

_________________


Dernière édition par Winemina Lullaby O'Peters le Mer 3 Juil - 19:39, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Winemina Lullaby O'Peters - Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.   Mer 3 Juil - 17:54





I gotta tell ya my story




« Histoire »


CHAPITRE PREMIER - Comment j'ai vécu ma vie pendant vingt-deux ans.

Je suis née le 10 décembre 1328 à Vladivostok, lors du règne de Yvan 1er Kalita. Ma mère était la première dame de compagnie de la reine et vivait à Moscou, mais je suis née lors d'un voyage de la reine. Mon père irlandais, lui, est mort quelques jours après ma naissance, dans une bataille contre la Lituanie. Il était commandant des armées russes. Ma mère est ensuite restée veuve jusqu'à sa propre mort, ne prenant ni mari, ni amant. Quand à moi, je suis née dans un monde de joyaux scintillants, de musique, de fêtes, et de romance. J'ai été élevée avec le dernier fils de la reine, de deux ans mon ainé. Nous avons donc grandit tous les deux, lui prenant ses leçons de combat à l'épée, tandis que j'apprenais la broderie, mais ce que ne savaient pas nos parents, c'est qu'une fois que j'eus dix ans, et lui douze, nous prîmes l'habitude de nous retrouver chaque soir à la tombée de la nuit, dans une petite clairière dans la forêt, et là, il m'apprit à me battre, comme un homme, jupes retroussées, et l'épée bien en main. Ma soeur, elle, restait à sa place. Bien plus douce et obéissante que moi. Pourtant, physiquement, nous étions les mêmes. Mon grand frère Mikaïl était plus âgé que nous de dix ans, et était déjà un jeune homme trés apprécié à la cour. Charmant et charmeur, il attirait les regards aussi bien des jeunes que des moins jeunes, et ne faisait jamais de jalouse en montrant sa préférence pour telle ou telle autre, non, elle étaient toutes égales, qu'elles soient jeunes ou vieilles, belles ou laides, toutes trouvaient grâce à ses yeux, et les hommes de la cour se méfiaient de ce jeune homme bien plus fringuant qu'eux. Petit à petit, je devins une jeune femme. Et Ivan un jeune homme. Nous grandissions en même temps, développant les mêmes centres d'intérêts. Et petit à petit, ma mère en vint à conclure que je lui plaisait. J'avais quatorze ans, et toujours pas de prétendant que ma mère veuille entendre, car elle espérait une alliance avec le Prince Ivan II, mais apparemment la reine faisait la sourde oreille. Mon mariage n'ayant pas été arrangé dans mon enfance, comme nombre de filles de bonne famille, qui naissent alors que leurs parents savent déjà avec qui elles passeront le reste de leur vie. Non, bientôt j'eus seize ans, et j'ai toujours fille, alors que ma soeur était mariée et avait déjà une petite fille, Ysaria. Mon amitié pour le Prince commença de se changer en quelque chose de plus fort, et je crois bien que mon sentiment était réciproque. Ivan devint plus tendre, moins joueur et bagarreur, il devint avec moi un véritable gentleman. Ma mère reprit espoir à propos de notre union. Elle avait toujours rêvé pour nous de mariage d'amour, parce que c'était ce qu'elle-même avait eu, et elle s'en était bien mieux portée que les jeunes femmes qu'elle fréquentait. Ma soeur, Ylissia s'était mariée à quinze ans avec un jeune homme de sept ans son aîné, mais qu'elle aimait à la folie. J'eus bientôt dix-sept ans, et Ivan me demanda ma main à ma mère et à mon frère. Tous deux acquiescèrent et la noce fut planifiée pour l'année suivante. Mais alors que tous les préparatifs qui avaient prit beaucoup de temps furent bientôt achevés, mon frère vint à disparaître, et le mariage fut repoussé de quelques mois. Un jour quelqu'un nous rapporta son corps, et après l'avoir enterré, je dus porter le deuil pendant un an, ce qui repoussa encore davantage le mariage. Cette année là il se produisit beaucoup de choses. Les différents cimetières de la ville furent profanés, certaines tombes vidées, pillées, et celle de mon frère en faisait partie. Mon frère avait disparu. J'avais dix-neuf ans, et il ne restait plus aucun homme dans ma famille. Finalement, le mariage eu lieu, et ce fut ma mère qui me mena jusqu'à l'autel. Je devins alors la dauphine du royaume Moscovite. Ivan et moi coulions le parfait bonheur, et je pu enfin arrêter de me cacher. D'après Ivan, je serai la première reine guerrière. La seule et l'unique, Winemina Ière la courageuse. C'est comme cela qu'il m'appelait. 'ma courageuse'. Mais je savais bien que je ne l'étais pas autant qu'il le prétendait. Après tout, je ne m'étais jamais battue qu'avec lui et les maîtres d'armes, une fois ou deux avec quelques uns de leurs élèves, mais je n'avais jamais participé à une véritable bataille. Ce qui pour moi m'empêchait de réellement mériter le surnom qu'Ivan me donnait. Pourtant j'aimais me battre. Un jour celui qui avait été le maître d'arme d'Ivan vint me voir après un combat et me dit : « Je ne suis pas retourné à la guerre depuis longtemps, et que Dieu me pardonne si par mes propos je viens vous offenser, mais je sais reconnaître une jeune recrue qui aime se battre, quand j'en vois une. Et ma foi, ma Dame, vous êtes bien parmi mes apprentis, la plus féroce au combat... Ce sera un honneur de vous servir, ma Dame. » J'avais tout juste vingt ans, et je venais de m'assurer la fidélité du maître d'armes et de quelques autres guerriers. Ils affirmèrent que jamais auparavant il n'avaient entendu parler d'une reine guerrière. Une femme avait toujours été plus à sa place à faire de la broderie, ou à se faire confectionner de beaux atours. Petit à petit, je gagnai le respect des hommes de garde du château, et aussi leur loyauté. Les femmes, elles, avaient tendance à jaser, commères qu'elles étaient. Mes activités guerrière ne m'empêchaient par contre pas de porter de beaux atours ou de passer de longues après midi auprès de dames de compagnies dans l'un des salons, mais plus je passais de temps en leur compagnie, plus je m'ennuyait, et plus la vie mondaine m'ennuyait, plus le terrain d'entrainement m'attirait. Bientôt, je finis par délaisser la cour afin de me battre de plus en plus souvent. Et un jour, alors qu'Ivan était en voyage diplomatique, je remontai dans mes appartements, fourbue harassée, fatiguée de m'être trop battue, et aussi de l'enfant qui grandissait en moi. Cela faisait un mois que j'en étais sûre. Puis j'aperçus dans l'un des fauteuils devant la cheminée une silhouette élégante et droite. Vaguement familière, comme si je ne l'avais pas revue depuis des années. Et alors que je contournais le siège afin de faire face à la personne, l'homme se leva, et se tourna face à moi. « Eh bien ma chère soeur, quel accoutrement ! Si j'avais su que devenir la future reine de Russie te ferait devenir une guerrière de renom, j'aurais peut-être hésité à accorder ta main à ce cher Ivan. » J'avais 22 ans, et mon frère se tenait devant moi. Mon frère, supposé être mort et enterré se trouvait devant moi, debout, et plaisantait, comme s'il ne m'avait jamais quitté, comme s'il rentrait simplement d'un de ses petits voyages. Je lâchait mes manchettes sur le sol, et couru me jeter dans ses bras. Mort ou non, mon frère restait mon frère. Lorsque je me jetai sur lui, il ne bougea pas d'un pouce. Il était dur, et très pâle, cerné. Il avait l'air harassé. Il referma ses bras autour de ma taille, et posa sa tête sur mon front. Cette étreinte était la notre, toujours. Après quelques instants ainsi enlacés, il m'annonça le motif de sa visite. Ivan avait été emmené à La Horde afin d'y être retenu en otage. Je ne pouvais rester les bras croisés à regarder mon mari capturé sans rien faire. Je fis seller mon cheval sur le champ, et empoignant mon épée, m'élançai dans les escaliers, mon frère sur mes talons. Je partirai le soir même. Aussitôt dit aussitôt fait. Je laissai une lettre à porter à ma soeur pour l'informer de ce qui se tramait. J'emmenais quelques hommes de confiance avec moi, mais au fond de moi, je savais que c'était une mission suicide. Néanmoins, nombreux étaient les soldats mobilisés à l'ouest pour la guerre contre la Lituanie, et nous le savions, nous courions droit sur une mission suicide. J'étais partie. Mon frère me suivait, et le maître d'armes, deux de ses apprentis, trois archers, et deux cavaliers avec nous. La petite procession progressait, et le lendemain soir, nous n'étions plus qu'à deux jours de cheval de La Horde. Nous fîmes enfin une halte prolongée pour la nuit, et plantâmes quelques tentes. Je partageais celle de mon frère. Le lendemain soir, nous décidâmes de camper non loin de la Horde. Suffisamment loin pour ne pas être repérés, et suffisamment près pour ne pas être trop fatigués de la chevauchée lorsque nous y parviendrions le lendemain. Ce soir-là, mon frère me raconta plein d'histoires, des événements qu'il avait vécu lors de ses innombrables voyages. Il me fit aussi goûter un vin de l'Europe de l'ouest. Je n'appréciais pas du tout, mais le finis par politesse. Ce que je ne savais pas encore, c'est que je venais d'avaler, dilué dans l'alcool français, le sang de mon frère, du sang de vampyre. Mais à ce moment là, je n'avais aucune idée de l'existence des vampires. Quand le lendemain nous arrivâmes à La Horde, je me fis annoncer comme ambassadeur de Moscou en pour-parler avec les commandant. Je lui exposai la situation telle que je la connaissais. J'étais habillée de ma plus belle robe, cachant ainsi mon épée et mon poignard le long de mes jambes à ma jarretière, et me présentant sous le signe de la faible jeune femme que je devais être. J'exposais ainsi la situation : le Prince Ivan allait devenir père, il ne le savait pas encore, mais je devais le ramener à Moscou pour la naissance de son fils, j'étais prête à lui donner une belle somme afin de le libérer, mais le commandant déclina ma requête et me dit de m'en retourner d'où je venais. Il fit signe à un de ses soldats de me raccompagner. Et alors que celui-ci refermait la porte derrière nous, je soufflai dans ma corne de brume, déclenchant ainsi la bataille.  

Je dégainai mon épée, et d'un retour de lame tranchai la tête de l'homme qui m'avait raccompagnée. La porte s'ouvrit derrière moi, et le commandant y passa aussi. Le maître d'arme arriva en renfort par la gauche, alors que des mongols arrivaient sur ma droite. Nous nous battîmes de concert, et dirigeâmes le combat vers les cachots, à l'aveuglette, certes, mais efficacement. La fureur du combat m'aveuglait, comme chaque fois que je me battais à l'épée ou à la hache, mais cette fois-ci, je me battais non pas pour le plaisir ou l'honneur, mais pour la vie d'un des miens, à vrai dire, je me battais pour trois vie. Celle d'Ivan, la mienne, et celle de notre enfant à venir. Bien que j'aimais me battre, cette fois-ci, je me battais à mort. Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé pendant que je me battais, cela aurait pu être quelques minutes comme des heures, moi, je m'en fichais. Je ne sais pas non plus combien de têtes j'ai tranchées, combien de poitrines j'ai transpercées, combien de muscles j'ai entamés, ni combien de blessures j'ai reçues. Tout ce que je sais, c'est que le sang qui me giclait au visage m'aveuglait, et me rendait plus folle encore. Je tenais à la vie, la mienne, mais aussi à celle d'Ivan que j'étais venue sauver. Puis j'entendis un cri, loin devant moi, derrière la porte des cachots que nous avions réussit à ouvrir « Wina ! » Mon erreur fut de lever la tête car à cet instant-là, car, alors même que j'apercevais Ivan dans son donjon, je sentis la lame d'un de mes adversaires s'enfoncer en moi par derrière. Le temps s'arrêta. J'entendis le flux de mon sang qui battait à mes tempes, je sentis l'air frai sur ma peau ensanglantée, je ne vis plus rien, sinon le dernier visage que j'avais aperçu, le goût de la bataille envahi mes papilles et me donna soif, et lorsque je portai ma main à mon ventre je sentis la lame, et le sang encore chaud qui s'écoulait de la blessure. Je compris. J'étais morte... J'étais... morte...
« Un dernier regard mes yeux, un dernier souffle mes lèvres, mes mains, un dernier assaut, POUR IVAN ! » et ce fut mon dernier cri.
« POUR IVAN ! »

Je m'effondrai alors que le combat avait presque cessé à côté de moi. Le maître d'armes était ressorti vainqueur, et nos amis arrivaient peu à peu. Mon frère était là. Il me souleva, et alors que je luttai pour garder mes yeux ouverts et ma tête droite, avec toute la dignité qu'il me restait, Ivan s'approcha de moi, et se pencha sur mes lèvres. Les siennes étaient chaudes et douces, les miennes étaient gelées. Et alors que je tentai de m'exprimer, il posa son doigt sur ma bouche, me fit signe de me taire, et mon dernier geste fut de lui envoyer un baiser, puis ma tête roula, et le noir s'abattit autour de moi.


CHAPITRE SECOND - Comment j'ai découvert que j'étais une vampire.

Je me suis réveillée, seule, allongée dans une cave humide et obscure. Je me sentais mal, j'avais l'impression d'avoir été rouée de coups, je ne me souvenais plus de rien. Tout était flou dans ma tête, j'avais mal. J'avais faim, et par dessus tout, j'avais soif. J'étais assoiffée, j'avais la gorge en feu, comme si je n'avais pas bu depuis plus d'un siècle. J'étais seule, et je n'avais pas la force de bouger, j'ai donc attendu ainsi pendant quelques minutes avant qu'un bruit ne retentisse. Je tournai la tête vers l'endroit d'où provenait le son... Et peu à peu je distinguai dans l'obscurité, mon frère, Mikaïl, qui avait l'air d'être en bien meilleur état que moi, reposé et parfumé de frai. « Mikaïl, j'ai soif... » fut la seule chose que je parvins à articuler en guise de bonjour. Et là, Mikaïl me regarda navré. Il me regarda longtemps, et fini par s'asseoir à mon côté, et entamer un long récit. « Te souviens-tu du jour où j'ai disparu ? » je hochai la tête en signe d'assentiment, incapable de prononcer un mot de plus. « Je n'ai pas disparu volontairement. Cette fois-là, je me suis aventuré dans des quartiers peu fréquentable, et j'ai été attaqué. Je ne suis pas trés bon bretteur. Face à toi, je pense que je n'aurais pas tenu plus de quelques minutes. Et face à lui... Je n'ai pas eu le temps d'esquisser un geste, que déjà, il me tenait, le bras dans le dos. Il me huma, et je ne sais plus ce qu'il fit d'autre, j'ai préféré effacer ces souvenir de ma mémoire, mais le lendemain, je me réveillai fourbu, comme après une bataille, la langue pâteuse, et assoiffé comme jamais. Mais aucun des élixir que j'avais l'habitude de boire n'étancha cette soif... J'ai erré la nuit durant dans les rues à la recherche de quelque chose de nouveau à boire, quand non loin de moi, une jeune femme tomba et s'écorcha la main. L'odeur, m'attira comme une aimant. Je ne pu résister à l'appel du sang, et alors que la jeune femme tournait à l'angle de la rue, je la rejoignis, et m'abreuvais de son sang. Wina, j'ai honte de moi, tellement honte. Je l'ai vidée de son sang, je n'ai rien pu faire pour m'en empêcher... Je n'ai pas réussit, je n'étais pas assez fort... » Il baissa la tête honteux, et d'un infime mouvement de la main, je lui enjoignis de continuer son histoire. « Au petit jour, la lumière m'aveugla, et lorsque le soleil pointa un de ses rayons sur moi, ma peau se mis à brûler. Je me suis alors mis à l'abri dans une cave, en attendant la nuit. Après quoi, la nuit suivante, je me mis à la recherche de quelqu'un qui pourrait peut-être m'aider... Après quelques semaines d'errance dans les rues de Moscou, j'ai finis par tomber sur une jeune femme du nom d'Alessandra Udiniev. Elle était sorcière. Je lui exposai mon problème, méfiant, mais elle finit par me dire que je n'étais pas le premier, et que moyennant finance elle pourrait peut-être m'aider, me permettant d'abord de marcher en plein jour, puis peut-être à calmer ma soif. Bref, je savais où trouver mon argent facilement, et je revins la nuit suivante avec la somme qu'elle m'avait demandé. Elle me confectionna une bague ensorcelée qui me permit de m'exposer aux soleil, et me donna quelques astuces pour étancher quelque peu ma soif. Le sang d'animaux fonctionne, même si le sang humain est meilleur. Bref... Je vous ai fuit ces trois dernière années, parce que je ne voulais pas vous faire de mal à toi, Ylissia et à mère. » Il me regarda désolé avant d'ajouter « Je suis un vampire Wina... » Un vampire ?? Et moi qui n'en avais jamais entendu parler que dans les contes destinés à faire peur aux enfants !! Je reculai effrayée, et effarée.Mon frère ? Un vampire ? Des flashs d'images me vinrent à l'esprit. Une bataille. Sanglante. Le fracas assourdissant des armes. Et la sensation atroce d'une lame qui me transperce le corps... Dans la cave ou nous étions assis, le silence régnait. Mon esprit virevoltait entre ma situation présente, et ce qui me semblait être des souvenirs. J'avais l'impression qu'on se jouait de moi. Je me relevais tant bien que mal malgré mon corps fourbu, et dévisageai Mikaïl droit dans les yeux. « Je suis morte, n'est-ce pas ? » Il ne me regarda pas, mais hocha la tête lentement, et prudemment. J'inspirai profondément, et retins ma respiration. Si j'étais morte, qu'est-ce que je foutais là ? Comment se faisait-il que je devisais tranquillement avec mon frère ? Et comment se faisait-il que je respire ? Comment était-il tout simplement possible que je sois encore consciente de mon corps ? « Mikaïl ? » Ma voix s'était faite suppliante, et je cherchais désespérément une réponse... « Toi aussi, tu es une vampire... » Mikaïl avait à peine murmuré, comme s'il avait peur. « Je quoi ? » Mes yeux s'ouvrirent grands, très grands, et je le dévisageai sans comprendre. Pourquoi moi ? « Enfin techniquement tu n'es pas encore une vampire, tu es entre deux états. Si tu ne te nourris pas avant la fin de la journée, tu mourras définitivement. Si tu étanches ta soif de sang, alors, tu seras une vampire. » Je le regardais à nouveau sans comprendre... Je ne savais rien de la métamorphose vampire, ni de ce par quoi j'étais sensée passer... « Mais comment? » Il soupira, et tourna les yeux vers moi, me regardant fixement pour la première fois depuis qu'il était entré. Il soupira de nouveau, et reprit la parole. « C'est ma faute Wina, tout est entièrement ma faute. Quand je suis reparu dans ta vie, je n'avais aucunement l'intention de te laisser aller à travers ce destin funèbre, et je ne voulais pas que tu prennes la même voix que moi... Mais quand tu es partie à la recherche d'Ivan, j'ai su qu'il pourrait t'arriver malheur. Et à l'idée de te perdre, j'ai paniqué... Ces dernières années, je n'ai pas été très loin... J'avais peur que tu ne m'en veuilles ou que tu ne veuilles plus me voir parce que j'étais sensé être mort et enterré. Mais quand Ivan a été emprisonné et que personne au château n'était au courant, j'ai pris sur moi, j'ai pris le risque de te perdre afin de t'aider à sauver l'homme que tu aimes. Alors la veille du combat, dans ta tente, quand je t'ai fait gouter ce vin français, j'y ai mis quelques goutes de mon sang, afin que s'il t'arrivais malheur, tu puisses faire le choix de vivre ou de mourir, je voulais que tu aies une chance de choisir. Alors tu es morte, et tu es restée inanimée une semaine, comme chaque personne qui meurt avec du sang de vampire dans les veines, mais tu t'es réveillée, et maintenant, si tu te nourris, tu pourras continuer à vivre, si tu ne le fais pas, tu mourras pour te bon, et je te remettrai dans ta tombe, là ou je t'ai récupérée. » Tout à coup, je pris peur. Je venais de comprendre le pourquoi du comment, et je devais faire un choix, le choix de vivre, ou de mourir. Je portai ma main à mon ventre. Je ne portais plus l'enfant d'Ivan, et je n'avais plus aucune raison de vivre puisque tout le monde me pensait morte. Tous, sauf mon frère, lui qui avait veillé sur moi ces dernières années, se cachant dans l'ombre, et assurant ma sécurité. Il était resté pour moi, et je voulais rester pour lui. « Je veux vivre. » Mikaïl soupira, et se leva. « C'est ce que je craignais... » dit-il. Je restait bouche-bée. Il me donnait le choix, mais ne l'approuvait pas. « Tu préfèrerais que je meure ? » Il me regarda choqué que je puisse penser une telle chose. « Non, bien sur que non, Wina ! Je ne veux qu'une chose, c'est que tu vives, et heureuse, mais je crains pour toi, parce qu'un vampire n'est jamais en sécurité, et encore moins le jour que la nuit. Et si je n'avais pas voulu que tu vives, je ne t'aurais pas fait boire mon sang. Et si tel est ton choix, tu vivras. Et je ferai tout pour t'aider à t'adapter aussi peu douloureusement que possible, déjà, suis-moi. » Je tentai de me lever, mais ne réussit à m'échouer contre le mur, et me rapper les coudes. Je baissais les yeux sur mes vêtements, et m'aperçus que je portais une simple robe de cuisinière ou de domestique. Je hochais un sourcil, interrogeant Mikaïl d'un regard. « C'est plus inaperçu qu'une somptueuse robe de bal », me dit-il en guise d'excuse. Je haussai les épaules, à vrai dire, une somptueuse robe de bal m'aurait embarrassée, je n'avais jamais été à mon aise lorsque je les portais. Alors que cette robe droite toute simple me convenait beaucoup mieux. Il prit mon bras et le passa par dessus ses épaules, me portant à demi, afin de m'aider à marcher. Il me fit sortir de la cave, et me guida à travers un dédale de ruelles que je n'avais jamais vues. Au bout de quelques minutes, il s'arrêta devant une porte, et frappa trois coups secs. Une fenêtre à l'étage s'alluma, et quelques instants plus tard, une femme ni vieille ni jeune, disons plutôt intemporelle ouvrit la lourde porte. Elle portait une chemise de nuit et une robe de chambre, et tenait à la main une chandelle, mais rien sur son visage ne laissa paraître une quelconque trace de sommeil. L'avions-nous réveillée, je ne saurais le dire. Avisant Mikaïl, elle s'écarta, et laissa le passage libre. Mikaïl entra, me portant encore à moitié. Elle lui lança un regard entendu, et nous guida vers une pièce comportant quatre fauteuils, et des tables recouvertes de rouleaux de parchemins, et de vieux livres. Elle sorti de la pièce, et revint avec un flacon en cristal rempli d'un liquide bordeau, comme du vin. Elle n'avais toujours pas prononcé un mot, et lorsque je pris le verre qu'elle me tendait, et regardai ce qu'il contenait, je compris qu'il s'agissait de sang. Du sang humain... Je levai les yeux vers Mikaïl, qui me fit signe de le boire. Alors sans rechigner, le portai le verre à mes lèvres, et le bus d'un trait. Mais contrairement à ce que j'aurais pu penser, je n'eus pas de nausée ou autre choses de ce genre, mais le goût me paru frai, métallique, et... bon ? Je sentis un fourmillement qui parcouru mon corps. Et peu après la femme me prit le poignet, le plaça au dessus d'une écuelle, et avec un couteau, traça une entaille sur ma peau. J'eus mal mais ne protestai pas. Elle fit tomber quelques goutes dans son récipient, puis lâcha mon poignet. Je le pris contre moi, et baissai les yeux sur l'entaille, ou l'endroit ou elle aurait du être, car déjà, ma peau était imberbe, cicatrisée, comme neuve, comme si jamais cela ne s'était produit. Je levai la tête bouche-bée, et jetai un coup d'oeil à Mikaïl, il me sourit. La jeune femme mélangea des herbes avec les goutes de mon sang, et peu après tendit la main vers mon frère le doigt levé. "Nourris-la"  


CHAPITRE TROISIEME - Ta vie depuis lors.

Après avoir rendu visite à cette sorcière, mon frère m'a apprit à chasser sans laisser de traces, ni même de cadavres. Je su rapidement me maîtriser afin de ne pas tuer les personnes sur lesquelles je me nourrissais. Puis peu à peu, lui et moi prîmes des habitudes de vie.
Je rendis visite à ma soeur, et lui expliquai ce qui s'était passé, l'avertissant qu'elle ne devait parler de rien de tout ça. Pour le reste du monde, j'étais morte.
Nous partîmes pour la France, et nous installâmes à la cour, y restâmes un certain temps, puis avant que l'on ne remarque que nous ne changions jamais, nous partîmes pour un autre endroit. Nous continuâmes ainsi de longues années, riant, buvant, nous repaissant de nos amants, et leur effaçant la mémoire après coup. Pendant quatre ans, ma correspondance avec ma soeur n'était qu'un échange de supplications, elle voulait devenir comme nous, et être immortelle. Elle ne voulait pas me quitter, me perdre une fois lui avait suffit. Au bout de quatre ans, je cédai et la transformai. Elle continua à vivre avec son mari pendant quelques temps, puis finalement, se fit passer pour morte, et parti faire le tour du monde, comme elle en avait toujours rêvé.
Bref, la vie devint une partie de plaisir perpétuelle, un grand jeu, une interminable fête. Partout où nous allions, nous étions accueillis comme des Dieux, chaque femme n'avait d'yeux que pour mon frère et tous les hommes pour moi. Ceux-ci regardaient Mikaïl de travers, et celles-ci me dédaignaient au plus haut point. Mais tous nous admiraient incontestablement. Nous croisâmes régulièrement d'autres vampires, et je fis plus ample connaissance avec Lorelaï et Johnathan, qui avaient à peine quelques années quand j'en avais déjà une centaine. Néanmoins, ils semblaient déjà très bien adaptés à leur condition, et quelques années durant nous fîmes route tous les quatre. Puis un jour, un chasseur nous tomba dessus. Oui, j'ai bien dit un chasseur. C'était un humain normal en somme mais il connaissait notre réalité, là où d'autres l'ignoraient. Il était près à tout pour venger la mort de son père tué par un de notre espèce. Il en avait déjà tué plus à lui seul que moi d'humains, mais il ne voulait rien entendre. Pour lui, les vampires étaient une abomination, et nous ne méritions plus de vivre, seul Dieu devraient avoir la vie éternelle. Lorsqu'il nous repéra, nous nous enfuîmes, parce tous vampires que nous étions, nous nous refusions à tuer des humains, c'était contraire à nos principes. Ne tuer qu'en cas d'extrême nécessité, sinon, toujours préserver la vie. Mikaïl et moi avions conscience de l'abomination qu'était notre espèce, de la plaie que nous étions, de la menace que nous représentions pour les humains, et par empathie nous avions posé une seule règle à tous nos jeux. Ni torture, ni mort. C'était simple et efficace. Bref, nous nous enfuîmes, et pour semer plus facilement notre poursuiveur, nous nous séparâmes de Lorelaï et Johnathan. Le chasseur nous suivit, nous. Après une course poursuite qui dura un an, il réussit à connaître peu à peu nos différentes planques fixes, et un jour, alors que nous entrions chez nous, nous nous retrouvâmes face à une arbalète modifiée et chargée de pieux soigneusement taillés. Mikaïl se positionna automatiquement devant moi au moment ou le coup partit. Droit dans son coeur. Mon cri fusa, perçant aigu, un cri de douleur à l'état pur. Et aveuglée par ma souffrance, je me jetai sur l'assassin de mon frère, et le saisi à la gorge. Je le vidai de son sang goute par goute après l'avoir attaché à un solide fauteuil de bois et lui ai arraché les ongles un par un, je lui ai crevé les yeux, et lorsqu'il fut presque vidé mais encore souffletant, après l'avoir écartelé et roué de coups, je lui ai arraché la tête, la torture a duré six jours entiers, et ce n'est que lorsque que le craquement sinistre de ses cervicales se fit entendre que ma fureur retomba.Après quoi, lorsque je lâchais le corps, je fus prise de panique, je m'enfuis, portant le corps de mon frère. Je m'enfonçai das la forêt et après une nuit d'errance, finis par m'asseoir dans une clairière, la tête de mon frère sur mes genoux, et je me mis à pleurer. Je pleurais ce frère que j'aimais tant, celui qui m'avait tant protégée, celui qui s'était sacrifié pour moi, celui que j'aimais. Je restai ainsi douze jours, puis, épuisée, et assoiffée, je montai un bûcher, et au milieu de cette clairière, je le fis brûler. Les seules choses que je gardais de lui furent sa bague, et une mèche de cheveux que j'enfermai au coeur de mon médaillon, que j'ai toujours d'ailleurs. Après ça, je partis. Je partis, et errai à travers le monde, sans but, je ne savais plus que faire, la société ne m'attirait plus. Je devins comme une ermite, une vagabonde... Je n'avais plus même de contact avec ma soeur. J'avais de l'argent, beaucoup d'argent, dans un coffre fort de Moscou, mais je n'avais aucune envie de le dépenser dans quoique ce soit. Mon frère était mort, et je devrais vivre une éternité sans lui. Et croyez-moi, l'éternité, c'est vraiment très long. Surtout lorsqu'on est seule. De temps à autres, environ tout les cinquante ans, je retournais en ville afin de me tenir au courant des progrès que faisait l'espèce humaine. Mais je n'y restais jamais plus d'un mois. Jusqu'au jour où je pris la décision de retourner dans le monde pour retrouver ma soeur.
En 1782 je reparu et rencontrais Alexander. J'étais aux États-Unis, à Boston. Je reparu dans une robe quelconque qui s'adaptait à peu près à la mode de l'année. J'étais en mauvais état, ne m'étais pas nourrie depuis quelques jours déjà, et paraissais affreusement fatiguée, comme j'avais pu le constater en observant mon reflet dans l'eau. J'étais dans un état pitoyable, toute égratignée, et décoiffée, sale. Je m'étais lavée comme j'avais pu dans la rivière, mais le courant était désagréable, et je n'aimais pas l'idée d'être nue dans un endroit si exposé. Alors je m'en allai en ville. En arrivant vers la tombée de la nuit, je croisai un vieux monsieur, et l'abordai. Je lui demandai poliment s'il pouvait me donner à boire, il me répondit qu'il le ferait volontiers, mais qu'il n'avait rien sur lui. Alors je lui dit que ce ne serait pas la peine d'aller chercher autre chose, il avait tout ce qu'il fallait sur lui, que ce serait sans douleur, et qu'il ne s'en souviendrait plus. Et je mordis, vivement, rapidement, précisément dans sa jugulaire, et m'abreuvai. Après quoi, je l'hypnotisai afin qu'il ne lui reste plus aucun souvenir de mon passage, et lui donnai quelques goûtes de mon sang afin d'accélérer sa guérison. Puis je me remis en route pour le centre ville. Là, je ne croisai pas âme qui vive, alors je frappai à une porte, au hasard, je pris l'air essoufflée, et m'appuyai contre le mur. Un vieil homme vint m'ouvrir, et me regarda fixement avec mépris. Je pris un accent russe, sans me forcer, puisque c'était ma langue natale et lui dit « Je me suis perdue... J'ai perdu ma route... la forêt... deux semaines... faim... soif... aidez-moi... » J'avais pris un air misérable, et avait feint de m'écrouler sur le sol. Il me rattrapa avant que je ne l'atteigne, et m'assit sur les marches. « Ne bougez pas, je... je vais chercher le maître. » Le maître ? Me dis-je ? Ainsi j'avais frappé à la porte de quelqu'un d'assez riche pour avoir des domestiques. Peu après, environ quelques minutes, un jeune homme grand, brun, bien bâtit arriva dans l'encadrement de la porte, et me voyant ainsi geindre sur le sol, il s'accroupit à mes côtés, et ordonna à son domestique de réveiller Annie, la gouvernante, afin de me faire préparer un bain, des vêtements, de l'eau fraîche et de quoi manger, ainsi qu'un lit. Le domestique rentra, et le jeune homme posant sa main sur mon front murmura « Vous êtes gelée... Accrochez-vous à mon cou, je vais vous porter à l'intérieur. » Je passai un bras mou autour de son cou, et il me porta à l'intérieur. Il me porta jusque dans une chambre, ou on avait emmené un baquet remplit d'eau fumante, et des vêtements sur le lit. Une femme d'âge moyen entra, je supposai que c'était Annie. Elle eu un air horrifié lorsqu'elle m'aperçut, et vint au secours de son maître, me prenant contre elle avant de chasser mon hôte de la chambre, et de me déshabiller. Elle m'aida ensuite à rentrer dans le bain, et me savonna de partout. Après quoi, elle me sécha, et m'habilla. Je portais à présent une robe bien différente de la précédente, celle-ci était en bon état, et portait des signes d'une certaine opulence. Bien plus qu'une robe de gouvernante. Je me dis qu'elle devait appartenir à la maîtresse des lieux. Après quoi, elle me coiffa rapidement, et m'aida à redescendre les escaliers jusqu'à la salle à manger, où le jeune homme attendait debout appuyé contre le chambranle de la cheminée dans lequel un feu avait été relancé. Le couvert avait été dressé pour deux personnes. Aussitôt qu'il me vit, il accouru vers moi à grands pas, me prit le bras, et s'enquit immédiatement de mon état. « Comment vous sentez-vous, ma Dame? » Je lui souris, et d'une voix des plus charmantes, laissant aller mon accent, je lui répondit : « Beaucoup mieux, je vous remercie. Puis vous demander chez qui ai-je l'honneur d'être si bien accueillie ? » Il me sourit, et me conduisit vers une chaise, qu'il tira, et repoussa lorsque je m'assis. « Je suis Alexander Michaelson. À mon tour de m'enquérir de votre nom, si vous me le permettez. » Mon sourire s'aggrandit. « Je suis Winemina O'Peters, mais Winemina suffira. Et je suis enchantée de vous avoir rencontré. » « La réciproque est vraie. » Il sourit de nouveau. Chaque fois, son regard s'illuminait, et son visage s'animait. Cet homme portait très bien le sourire. « Vous êtes Russe, si je ne m'abuse... » « En effet. Je suis arrivée à Philadelphie avec mon frère il y a quelques années. » « Votre frère? » « Oui. Il y a de cela quelques années, il est... il a été... » « Vous n'êtes pas obligée d'en parler si vous ne le souhaitez pas. » Il me regarda avec un sourire compatissant, et s'installa à côté de moi. À ce moment, Alfred, le majordome qui m'avait ouvert arriva, portant un plat encore fumant, et le posa sur la table avant de se retirer. « Il a été sauvagement tué, par... à coup de... une arbalète. Je ne supportais plus de vivre dans notre maison. Je ressentais sa présence partout, alors je suis partie, mais en chemin, nous avons été attaqués, et je me suis enfuie... J'ai erré un moment dans la forêt, environ deux semaines, avant d'arriver ici. » Il baissa les yeux sur le plat, et les releva vers moi, une profonde tristesse s'affichait sur ses traits. « Ma soeur et morte le mois dernier. Elle était très malade. Vous portez une de ses robes, d'ailleurs. » « Oh, je ne savais pas, je suis vraiment désolée, ce n'est peut-être pas approprié, préfèreriez-vous que j'aille me changer ? » J'étais sincèrement désolée, et ma mise me semblait mal venue dans cette situation. « Non, ne vous inquiétez pas. Elle vous va à ravir, et je préfère vous voir la porter, plutôt qu'elle moisisse au fond d'un vieux placard. » Il sourit, chaleureusement, et nous servit. « Maintenant, mangez. Vous devez avoir faim... » Je lui répondit d'un sourire, et mangeai. Ce qu'il y a de bien quand on est un vampire, c'est qu'on peut quand même manger de la nourriture humaine. Cela ne nous rassasie pas, mais ça nous aide à maintenir une température un peu plus élevée que notre moyenne, afin de se fondre dans la masse. Comme le café d'ailleurs. Je mangeai de bon coeur, et la conversation prit un tour plus joyeux. Je vis que ses yeux brillaient chaque fois que je lui souriais. Et si j'en avais été capable, je crois que j'aurais rougi plus qu'à mon tour durant le repas. Après quoi, il me mena jusqu'à ma chambre, ou il avait fait venir Annie, me souhaita la bonne nuit, s'inclina, et s'en alla lui-même se coucher. Annie m'aida à me dévêtir de nouveau, et me donna une chemise de nuit. Je me couchai, et en me bordant, elle me regarda avec tendresse. Je lui lançai un regard interrogateur, et elle baissa les yeux. « Excusez-moi, mademoiselle, je ne voulais pas vous offenser. » « Oh, vous ne m'avez en rien offensée, Annie, c'est plutôt moi qui suis désolée de nous avoir fait levée à une heure pareille. Ce qui fait que je me demande pourquoi vous semblez m'apprécier. » Elle rougit. « Je... Depuis la mort de mademoiselle Nessa, nous n'avions pas revu le maître sourire, et rire d'aussi bon coeur. Je suis contente que vous lui ayez rendu son sourire. Resterez-vous quelques temps avec nous? Cela lui fait tant de bien. » Je lui souris à mon tour avec tendresse. « Aussi longtemps qu'il le désirera. Après tout, je n'ai encore nulle part ailleurs où aller. » Elle sourit de contentement, me souhaita bonne nuit, et s'en alla refermant doucement la porte. Je vais avouer qu'en frappant à cette porte, je ne m'étais pas du tout attendue à cela. Et Alexander me semblait être un homme honnête, vif, intelligent, beau, et même un peu naïf certaines fois. Depuis la mort de mon frère, c'était la première fois que j'avais passé un aussi bon moment. Cela faisait déjà presque trois cent ans. Peut-être que finalement, cette année, la visite dans le monde des humains serait plus longue que prévue.
Elle le fut, en effet. Je passai déjà un mois chez Alexander, et au bout d'un moment, je me sentis coupable de loger chez lui. Un jour j'abordai le sujet, et il me dit que je pouvais rester aussi longtemps que je le désirais, car ma compagnie lui était des plus agréables, et qu'il ne souhaitait pas me voir partir de si tôt. Alors je lui répondit que j'aurais certainement un voyage à effectuer en Russie pour les dix ans (fois 40) de la mort de ma mère. Il proposa de m'accompagner, et dès la semaine suivante, il organisa des préparatifs pour le voyage à venir.
Une fois en Russie, je récupérai tout mon argent, et quelques affaires que j'avais laissées dans une maison qui nous avait appartenu à mon frère et moi. Entre autres, ma vieille épée, que je cachai au fin fond d'une de mes malles, et des bijoux de ma mère. J'allai seule déposer quelques fleurs sur sa tombe, et après seulement un mois, nous repartîmes. Je passai aussi déposer une lettre a une des anciennes adresses de ma soeur en espérant qu'elle la trouverait. J'étais restée bien longtemps sans lui donner de nouvelles.  

Nous vécûmes quelques six mois ainsi, sous le même toit, je lui avais proposé de participer aux frais que demandais l'entretient d'une maison, et m'avait répondu que j'étais ici chez moi, mais qu'il s'occupait de tout. Un jour, alors que nous prenions notre repas, je le trouvai tendu, et nerveux. Puis je compris lorsqu'il s'agenouilla devant moi ce qui le rendait si nerveux. Je couvris ma bouche de mes deux mains, et il commença la plus belle déclaration d'amour que j'eusse jamais entendue « Winemina, je sais que nous ne nous connaissons pas depuis bien longtemps, mais je sais aussi que depuis le premier jour, je vous admire immensément. Quand je vous ai vue étendue sur le seuil de ma porte dans un état pitoyable, déjà là, je vous ai trouvée belle. Mais quand vous êtes descendue, lavée, et vêtue comme il se doit, je vous ai encore plus admirée. Quand après ça nous avons discuté, je nous ai découvert beaucoup de points communs, et petit à petit, je crois que je ne vous ai plus seulement admirée, mais aussi aimée. Alors... Winemina Lullaby Esfir Rowen Vodyakov O'Peters, voulez-vous devenir ma femme ? » Je l'ai regardé dans les yeux, et les seuls sentiments que j'y voyais étaient l'amour et la sincérité. J'aurais aimé pouvoir lui répondre oui, mais il fallait d'abord que je lui explique qui j'étais... « Je... Alexander, je... Je dois vous dire quelque chose avant de pouvoir accepter, je vous aime aussi, mais je ne suis pas celle que vous croyez... » Il me regarda sans comprendre. Je me levai, lui pris la main, et le fit s'asseoir... Je n'avais encore jamais révélé mon secret à quelqu'un d'autre qu'un vampire. C'est ce que je m'apprêtais à faire. « Que voulez vous dire ? » me demanda-t-il, et je le regardai dans les yeux sans ciller. « Je vous ai menti. A propos de moi-même... » « A quel propos ? » Je baissai la tête et les yeux, je m'en voulais de lui faire ça, mais je ne pouvais pas décemment l'épouser sans qu'il sache tout de moi... « Je n'ai pas perdu mon frère il y a trois ans, mais il y a deux cents ans. Et ma mère, elle n'est pas morte depuis seulement dix ans, mais il y a près de quatre cents ans. Je n'ai pas réellement vingt-deux ans. Et j'ai déjà été mariée il y a 400 ans aussi. Je... je suis arrivée dans cette maison avec une intention, que j'ai tout de suite oubliée lorsque je vous ai vu. J'étais venue m'abreuver, et me tenir au courant de ce qui se passait dans la société actuelle, juste une semaine, et je serais repartie si ça n'avais pas été vous. Je... Je suis une vampire, et cela fait trois cents ans que je me suis coupée de toute société. Depuis la mort de mon frère... Et je ne changerai jamais, je ne mourrai jamais, sauf d'un pieu dans mon coeur, ce que je vous invite à faire si vous ne voulez plus de moi, parce que je ne pourrais plus vivre sans vous. Parce que je vous aime aussi très sincèrement. Et je ne vais pas vous demander de vous décider tout de suite. Je vous prendrai pour époux, si vous m'acceptez encore après ce que je viens de vous apprendre. Sur ce, je vais monter, et nous en rediscuterons demain si cela vous convient, ou plus tard si vous avez besoin de plus de temps pour reconsidérer la chose. Sachez aussi, que jamais je ne vous ferai aucun mal; ni à qui que ce soit dans cette maison. Comme ces six mois derniers, je serai toujours la même, ce gros secret en moins sur mon coeur. » Le laissant planté là, je lui tournai le dos, au bord des larmes, et montai dans ma chambre, seule. Je renvoyai Annie et me déshabillai seule, comme je l'avais fait ces trois cent dernières années. Et de toute la nuit, je ne fermai l'oeil, et pensai à ce que je venais de faire. Puis je me mis à douter, avais-je bien fait de lui révéler ma vraie nature ? Qu'avais-je fait ? N'avais-je pas déclenché une véritable catastrophe. Me retrouverai-je avec un pieu dans le coeur avant la fin de la nuit ? Mais alors que le jour commençai de se lever, on frappa à ma porte. Je me levai, me vêtis d'une robe de chambre, et allai ouvrir la porte, pensant que ce serait Annie. Mais je me retrouvai face à Alexander. Il avait l'air fatigué, et concerné. Il ouvrit la bouche, et la referma plusieurs fois, alors je pris les devants, et lui adressai la parole en premier. « Je n'aurais peut-être pas du vous dire tout cela d'un bloc, aussi brusquement, mais je ne voyais pas comment vous le dire autrement, je ne pouvais vous faire passer de message subtil, ni vous laisser une note. Je ne... » Mais je n'eus pas le temps de finir ma phrase, Alexander se pencha vers moi, et m'embrassa. Un premier baiser doux et tendre, et quand j'y répondis, il se fit plus passionné. Il nous interrompit, et me regarda dans les yeux, tenant mon menton entre ses doigts. « Peu m'importe que tu sois une vampire. Tu ne m'as jamais fait aucun mal, et je te fais confiance. Et il y a aussi le fait que je t'aime follement.. » Il sourit, et m'embrassa de nouveau.
Le jour même il annonça la nouvelle à ses, non, nos domestiques, et tous furent ravis pour lui et moi. Et dans la journée, Annie prit en main les préparatifs du mariage. J'avais fini par raconter toute ma vie à Alexander, qui j'avais été, et comment j'étais morte par amour pour Ivan, et comment j'avais du sortir de sa vie, laissant mon frère m'occuper afin de ne plus y penser, puis comment il avait finit par mourir, et comment je m'étais renfermée sur moi-même. Bref, ma vie complète avait été avouée, et cela m'avait fait le plus grand bien. Nous nous mariâmes, et après quatre ans de mariage qui furent les plus belles années de ma vie, il me demanda si un jour, j'accepterais de le transformer en vampire lui aussi afin qu'il puisse passer l'éternité à mes côtés. Je ne l'avais jamais fait, mais j'acceptais, lui faisant part des douleurs qui accompagnaient la métamorphose, et du fait qu'il ne pourrait pas marcher en plein jour sans une bague comme la mienne. Il accepta tout. Il n'avait peur de rien, tant qu'il pourrait vivre à mes côtés pour toujours.
Quelques temps plus tard, nous partîmes en voyage et nous fûmes attaqués par une bande de bandits. Nous étions deux ils étaient trente. Je me demandais pourquoi autant de bandits pouvaient s'être rassemblés pour l'attaque de deux cavaliers. Nous résistâmes, héroïquement, mais même en étant une vampire, je ne pouvais tenir tête à trente bandits à moi seule. Nous étions armés, tous les deux, et nous sommes battus. Jusqu'à sa mort. Alors que je lui criais : « Alexander ! Attention ! » j'arrivai trop tard, un homme venait de lui transpercer la poitrine de son épée. Désespérée, j'ai laissé tomber mon épée, et un autre bandit arriva derrière moi et me transperça aussi le corps de part en part. J'eus mal, très mal, mais cela ne me tua pas... au contraire, cela attisa ma colère déjà très forte de par la mort d'Alexander. Je me sortis l'épée du ventre, ramassai la même, et c'est une épée dans chaque mains, que portée par ma fureur je les ai tous tués, écorchés vifs, et dépecés. J'ai coupé des têtes, j'ai bu leur sang, et plus je tuais, plus j'avais envie de tuer... Je les haïssais tous ! Je haïssais les humains pour m'avoir retiré les deux êtres qui m'étaient le plus cher au monde ! Je les haïssais de me faire souffrir autant ! Je les haïssais, pour me retirer l'homme que j'aimais au moment où je commençais à me remettre de la mort de mon frère ! Je les haïssais ! Je voulais voir l'extinction de la race humaine, je voulais en finir avec eux, et les tuer, tous !! Lorsque plus aucun bandit ne fut debout, je relâchai mes muscles, et perçu un mouvement qui n'était pas animal aux frontières de la clairière. Je me tournai, et fit face. Je fis face à une fillette qui me regardai, horrifiée... Je tendis la main vers elle, et elle vint me voir, tremblante. Je la pris dans mes bras, et la consolai quand elle se mit à pleurer. Après quoi, je l'emmenai loin de ce carnage, emmenant aussi le corps de mon défunt mari. Arrivés à la lisière de la forêt je demandai à la fillette comment elle s'appelait, et où étaient ses parents. « Je suis orpheline, je me suis enfuie de l'orphelinat, je n'aimais pas les gens. Je m'appelle, Lilas. » « Je suis enchantée Lilas. Moi c'est Winemina. Je vais t'effacer les souvenirs de ce massacre, et tu viendras avec moi. D'accord? » « Oui, madame. » « Désormais, je suis ta maman. Tu peux m'appeler maman. » « Oui. » Elle devait avoir sept ans, et elle me suivit après que je lui eus effacé la mémoire. En arrivant chez moi, je la présentai à Annie, et les autres domestiques. Annie fut très douce avec elle, et lui fit visiter la maison, lui présenta les autres domestiques. L'après-midi, nous allâmes faire des achats pour qu'elle puisse se vêtir. Et le lendemain, ce fut les funérailles d'Alexander. Je pleurai de toute mon âme et tout mon coeur, toutes les larmes de mon corps. Ma fille me tenait la main, et après l'enterrement, elle me fit un gros calin pour me consoler. Je m'étais déjà attachée à elle, et pour elle, je vivrai en société. Je ne la laisserais pas sombrer dans ma tristesse et mon abandon, je me devais d'être forte pour elle. Elle n'était avec moi que depuis quelques jours, mais déjà nous nous soutenions mutuellement. Ces derniers jours je m'étais accrochée à ma raison tandis que mon coeur avait lâché, afin que cette petite aie la vie qu'elle méritait. Je ne lui avais pas effacé tous les événements de la veille. Elle savait encore mon secret, et avait compris qu'elle ne devait jamais en parler à quiconque. Ma fille, cette petite était devenue ma fille. Moi qui ne pouvait plus concevoir, cela me mettait en joie, et je me remis bien plus rapidement et facilement de la mort d'Alexander que de celle de mon frère. Non parce que je l'aimais moins, mais parce que j'avais gardé une raison de vivre après sa mort.
Désormais, je savais que lorsqu'il arrivait quelque chose à un être qui m'était cher, je ne pouvais me contrôler, et ma colère devenait puissante, et se métamorphoser en une fureur telle que je devenais incontrôlable. C'est pourquoi je pris la décision de ne plus jamais laisser mon coeur s'attacher à quiconque après cette petite fille.

Lilas grandit, et petit à petit, elle devenait de plus en plus jolie. Elle me ressemblait beaucoup, non pas physiquement, mais dans ses attitudes, ses manières, son vocabulaire, ses idées. J'avais l'impression de me revoir du temps où j'étais encore humaine. Elle aimait aussi se battre, et je lui avais appris à manier l'épée, la hache, le tir à l'arc et à l'arbalète. Bref, ma fille saurait se défendre. Quelques mois après que j'eus décidé de l'adopter, nous trouvâmes Ylissia qui nous attendait sur le seuil lors de notre retour d'une promenade. Ylissia vint vivre avec nous. Elle m'avait tant manqué. Et nous nous retrouvâmes complices comme autrefois. Bientôt, Lilas eut vingt ans, et quand je lui demandai ce qu'elle souhaitait pour son vingt-et-unième anniversaire, elle me répondit qu'elle voulait devenir comme ma soeur et moi, et être une immortelle pour ne jamais me perdre, et que jamais je ne la perde. Je lui souris, et acceptait. Sauf que contrairement à ce qu'Alexander et moi avions fait, nous n'attendîmes pas, et le lendemain du jour de son anniversaire, je la transformai. Je lui fis boire mon sang, et la tuai, j'étais obligée de passer par sa mort, afin qu'elle devienne immortelle. Je n'en avais pas envie, c'est pourquoi nous avions choisi une mort rapide et la moins douloureuse possible. Je lui tordis le cou, et dans un craquement, elle s'effondra dans mes bras. Elle resta inconsciente deux jours entiers, et finit par se réveiller. À son réveil, j'avais récupérer du sang humain et lui en fit boire. Elle fut alors transformée. Après environ quatre-vingt ans à parcourir le monde et particulièrement les Etats-Unis, nous nous sommes fixées à N-Y pendant quelques temps, et parcourant souvent les ruelles, et me tenant informée par la presse et la radio, j'ai compris qu'un Vampire hantait les rues. Chaque jour, de nouvelles victimes étaient retrouvées, personne ne savait quelle était la cause de la mort, ni qui était l'agresseur, personne n'avait aucun indice. Alors je m'en suis mêlée. Et j'ai fini par trouver le vampire responsable de toutes ses victimes. Une jeune blonde. Je l'ai surprise en plein acte une nuit d'été. Je l'ai arrêtée, elle s'est débattue, mais malheureusement pour elle, j'étais plus vieille et donc plus forte. Je l'ai emmenée avec moi, et je l'ai enfermée dans notre cave, trois jours. Jusqu'à ce qu'elle se calme, et là, j'ai commencé sa formation. Je l'ai aidé à soulager sa culpabilité, et à contrôler sa soif. Depuis, elle est restée ma plus fidèle amie, Coleen.

Il y a environ cent ans, j'ai entendu qu'une école avait été fondée une dizaine d'années plus tôt. Une école pour toutes les personnes avec des dons surnaturels. J'ai entendu dire, qu'on recherchait des professeurs pour enseigner les contrôle de soi, et autres matières, selon l'espèce des élèves. Je me suis proposée. Ca fait donc cent ans que je suis professeur à Blackmoon. Ma soeur, ma fille et moi sommes installées dans une villa de Seattle. Je dors souvent à l'école, même si mon chez moi n'est qu'à quelques minutes, grâce aux portails. Mais passer la nuit à Blackmoon, me permet parfois de passer la soirée avec quelques élèves, ou de prendre mon tour de garde.
Récemment, nous avons découvert une bande de clandestins au sous-sol, et nous réfléchissons encore à la meilleure manière de s'occuper de cette affaire de portails en dysfonctionnement.
Ces temps-ci, à l'école, je suis habillée en femme d'affaires, plutôt classique, un tailleur jupe, escarpins, les cheveux remontés en un chignon lâche. Là-bas, tout l'monde sait que je n'ai plus vingt ans, alors ça ne choque personne, et ça me différencie des élèves. En dehors par contre, je ressemble à une adolescente en pleine rébellion selon ma soeur et ma fille. des jeans trop grands tenus par une ceinture cloutée, des superpositions de t-shirts, des vans, et les cheveux rarement coiffés. Un style un peu rock, qui me permet de me fondre dans la masse des jeunes actuels, et de passer inaperçue.  



©C.Jacks'Lamiche

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Winemina Lullaby O'Peters - Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.

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